artificiel: Non de nom [4]
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Non de nom [4]
de Line Nault
avec la collaboration d’Alexandre Burton (artificiel)
au développement technologique

carnet de travail
[2021/10/03 - 2021/10/23]
agora de la danse, Montréal

préparé par Ariane Plante
date de publication: 2022/01/12


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Quatrième tableau
NON DE NOM

Non de nom se déploie comme un poème, en couches de sens multiples, ouvert aux interprétation. Il puise dans l’inconscient et son caractère insaisissable résonne dans le senti, comme la danse et la poésie. Le non de nom est sans doute le plus énigmatique des cinq espaces de Non de nom. Donnant son nom au projet, il est fondamental dans le déploiement le l’étrange maisonnée puisqu’il en contient et en synthétise l’essence profonde.

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Dans Non de nom, il est une zone de négation du soi en tant qu’identité fixe. Il est le grand NON dont le mouvement intensifie le caractère fuyant et soluble de l’être. Il est une masse dont les contours se dessinent et se transforment dans le mouvement : les protagonistes y expriment un « non » de tout leur corps jusqu'à ce que leur soi se dédouble et que leur contour s’estompe, jusqu’à ne devenir que des spectres informes, jusqu'à ce que tout ce qu’ils ne sont pas soit trouvé. Il ne restera alors que leur être nu dans son universalité, sans nom pour le définir.

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Évanescence de la forme, de la densité et des contours.
Noyau d’un atome
Trous noirs ou de lumière
Une forme informe dans l’univers.

Le non de nom marque également le caractère indissociable du nom d’une chose et de sa nature même, de la chose elle-même en tant qu’expérience du réel. Il symbolise le refus de séparer le sujet de l’objet. Ici, le corps fait aussi non à cette séparati

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Entre apparition, disparition et dissolution, comme un fantôme, le non de nom exprime le caractère insaisissable du soi.


L’appui technologique :
lutherie numérique, image médiatisée et interactivité

Capter l'ombre du corps pour la projeter est un défi intéressant tant sur le plan technique que sur son intégration sensible à l'espace.

En effet, l'idée de "projeter de l'ombre artificielle" est un truquage qui aurait sûrement amusé Platon... L'ombre n'est plus le le produit de l'intersection du corps et ce cette lumière qui nous permet d'en détecter les contours sur le sol, mais bien de la soustraction d'un vrai signal négatif à une source de fausse lumière. Par le biais de cette annulation du négatif de l'absence de lumière, on parvient à (re)produire une présence sans objet. Ou plus précisement une présence dont l'objet se trouve décalé à quelques mètres, dont la synchronicité temporelle «prouve» l'authenticité, mais comme si un glitch spatial en faisait le rendu un peu trop à gauche.

L'effet de lumière négative est complété par un ralentissement de la vitesse des photons, qui — selon qu'ils vont ou viennent — s'agglutinent plus ou moins vite. En écho à l'ensemble de l'œuvre, Non de nom ne donne pas de réponse, mais confirme au moins une chose: il y a un plancher.

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